Poster électronique

Ma.143 - Une nouvelle histoire de gros mollet secondaire à une sciatique
M Benoit (1); S Cadart (1); P Brochot (1); P Boyer (2); L Gagneux-Lemoussu (1); I Lambrecht (1); JP Eschard (1); - (1) Reims - France; (2) Coulommiers - France;
24ème Congrès
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Résumé
Introduction

L'hypertrophie neurogène musculaire est une entité méconnue ; il faut toutefois y penser devant un tableau d'asymétrie musculaire intéressant principalement le membre inférieur et s'inscrivant dans un contexte de lombosciatalgies parfois très anciennes.

Observation

Nous rapportons ici le cas d'un patient de 39 ans adressé dans notre service pour hypertrophie du mollet droit évoluant depuis deux ans. Dans les antécédents on note un épisode de lombosciatique S1 droite en 2007 avec dans les suites, persistance d'une hypoesthésie des deux derniers rayons du pied. Le patient relate une augmentation progressive du diamètre du mollet depuis 2009, s'accompagnant de douleurs en regard de la face antérieure de la jambe lors des efforts prolongés. L'examen met en évidence une asymétrie de circonférence des mollets de 7 cm ainsi qu'une abolition du réflexe achilléen . Les examens biologiques objectivent une élévation des aldolases à 12.4UI/L, LDH 628 UI/L, CPK 755 UI/L, myoglobine 115 UI/L. L'IRM lombaire met en évidence des discopathies dégénératives étagées avec conflit disco-radiculaire L5S1 droit. L'IRM de la jambe droite objective une hypertrophie du muscle gastrocnémien interne avec atrophie du tiers inférieur du muscle soléaire . Devant ce tableau le diagnostic d'hypertrophie musculaire neurogène est évoqué : l'ENMG réalisé met en évidence un tracé neurogène avec persistance de contractions en phase de repos et salves pseudo-myocloniques témoignant d'une hyperstimulation radiculaire. En raison de la symptomatologie douloureuse, une prise de pression des loges a été effectuée, et le diagnostic d'hyperpression des loges internes et externes a été posé. Le patient va donc bénéficier prochainement d'injections de toxine botulique afin d'éviter une éventuelle aponévrotomie de décharge.

Discussion

L'hypertrophie musculaire neurogène post radiculopathie est une réaction paradoxale à la dénérvation d'un muscle ; en effet la réaction normale est celle d'une atrophie des fibres musculaires associée à une involution graisseuse. Cette affection peu connue s'inscrit dans un cadre différent de celui des polyneuropathies héréditaires ou acquises. Cette observation est la deuxième que nous rapportons : il s'agit le plus souvent d'un homme ayant présenté une lomboradiculalgie plusieurs années auparavant, bien que l'anamnèse soit parfois délicate, le patient ne se souvenant plus de cet épisode aigu. Le muscle touché est le plus souvent le soléaire. L'IRM permet d'objectiver une hypertrophie musculaire pouvant s'accompagner inconstamment d'une involution graisseuse. L'ENMG est indispensable au diagnostic, permettant de mettre en évidence un tracé neurogène. Il n'est pas utile d'aller jusqu'à la biopsie musculaire pour poser le diagnostic. L'explication physiopathologique reste mal connue : hypertrophie musculaire secondaire aux décharges répétitives complexes ou étirement passif des muscles dénervés par leurs antagonistes.

Conclusion

L'hypertrophie musculaire neurogène est une cause rare d'asymétrie musculaire qu'il faut savoir évoquer en fonction des antécédents du patient afin d'éviter à ce dernier une errance diagnostique souvent longue.

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