Poster électronique

Me.003 - Apparition d'aphtes sous tocilizumab : à propos de 2 cas
C Eymard (1); S Guignard (1); V Farrenq (1); P Claudepierre (1); X Chevalier (1); - (1) Créteil - France;
24ème Congrès
Poster
0
0 votes.
Vu 47 fois.
Résumé
Introduction

Le tocilizumab est un anticorps monoclonal humanisé antagoniste du récepteur à l'IL6. Cette nouvelle biothérapie est utilisée dans la polyarthrite rhumatoïde et parfois hors AMM dans certaines spondylarthrites en échec des anti TNF. Du fait de son utilisation de plus en plus courante, apparaissent en pratique clinique des effets secondaires jusque là peu décrits. Nous rapportons 2 cas d'aphtose buccale étendue sous tocilizumab.

Cas Clinique

Cas n°1 : Un homme de 40 ans était suivi depuis 2003 pour une spondylarthrite axiale et périphérique (Spa) en échec de 3 anti TNF associés au méthotrexate. Le tocilizumab à la dose de 8 mg/kg toutes les 4 semaines avait été débuté hors AMM, en association au méthotrexate à la dose de 15 mg par semaine. De multiples aphtes buccaux étaient survenus dès la première perfusion, récidivant dans la semaine suivant chaque perfusion durant 8 à 10 jours, traités localement. A la 11 ème perfusion, étaient apparues des ulcérations nasales hémorragiques associées aux aphtes justifiant alors la diminution de la dose de tocilizumab à 4 mg/kg. La diminution de la dose permit la réduction puis la disparition des aphtes à 2 mois.

Cas n°2 : Une femme de 47 ans était suivie depuis 1999 pour une Spa pour laquelle elle avait reçu 3 anti TNF, arrêtés successivement pour allergie sévère ou inefficacité. Le tocilizumab était alors introduit à la dose de 8 mg/kg toutes les 4 semaines en monothérapie. Dans la semaine suivant chaque perfusion, apparaissaient des diarrhées non glairo-sanglantes, suivies 8 jours plus tard d'aphtes buccaux et de lésions croûteuses nasales durant 10 jours, obligeant à l'arrêt du traitement après la troisième perfusion. La coloscopie de contrôle ne montrait qu'un pli érythémateux de l'angle colique droit sans argument pour une maladie inflammatoire de l'intestin. Les aphtes disparurent à l'arrêt du traitement.

Discussion

Les ulcérations buccales ont été décrites comme un évènement indésirable fréquent dans les caractéristiques du tocilizumab (1 à 10 %) mais seuls 2 cas ont été rapportés (1). L'imputabilité du tocilizumab dans les deux cas présentés ici est confortée par la régression des aphtes buccaux à l'arrêt du traitement. Les deux autres cas préalables ont été décrits chez des patientes ayant respectivement une spondylarthrite et une polyarthrite séronégative. Comme ici, les poussées d'aphtose survenaient une semaine après chaque perfusion et disparaissaient à l'arrêt du traitement. L'IL6 sérique est une cytokine intervenant dans la formation des aphtes, son taux est élevé dans l'aphtose récidivante qui est elle-même liée à une vascularite leucocytoclasique. Les auteurs évoquaient le rôle possible de l'élévation transitoire du taux sérique d'IL6 dans les suites immédiates de la perfusion en raison du déplacement de l'IL6 par le tocilizumab. L'hypothèse de la formation de complexes immuns entre le tocilizumab et l'IL6 circulante a été évoquée comme étiologie de vascularite secondaire au traitement. Cette vascularite pourrait avoir touché aussi les muqueuses nasale et colique chez nos deux patients.

Conclusion

La survenue d'aphtes buccaux sous tocilizumab n'est pas rare et peut conduire à la diminution de la dose ou à l'arrêt du traitement. L'hypothèse d'une vascularite avec atteinte muqueuse nécessiterait d'être confirmée histologiquement.

remonter
58
Le poster a été trop consulté dans un laps de temps très court.
Fermer
Recherche
Par mot-clé : cliquez ici…
Congrès

Référence / Texte libre

Auteur

Réalisé par CYIM