Poster électronique

Me.029 - Ototoxicité des anti-TNF ? À propos de 2 cas
A Rouil (1); G Chalès (1); - (1) Rennes - France;
24ème Congrès
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Résumé
Introduction

La tolérance des biothérapies est une préoccupation permanente chez les patients atteints de rhumatisme inflammatoire. Concernant le versant ORL, il n'existe à l'heure actuelle que peu de données. Nous décrivons deux cas d'ototoxicité avec une forte présomption d'imputabilité des Anti-TNF (Adalimumab et Etanercept).

Observation

Observation n°1
Femme de 33 ans atteinte d'une spondylarthrite ankylosante répondant aux critères ASAS modifiés, HLA B27 positive et sacro-iliite IRM. Aucun antécédent ORL personnel ou familial. Un traitement par Adalimumab est débuté en juillet 2010 avec une rapide efficacité. Apparition quatre mois après d'une surdité brutale de l'oreille gauche, sans facteur traumatique. Le bilan ORL, outre une surdité de perception (baisse de 50%), est normal. Les recherches infectieuses, notamment virologiques, sont négatives. Le bilan immunologique (notamment recherche d'anticorps anti-cochlée) est négatif. Sur le plan neurologique, l'IRM cérébrale montre l'absence de neurinome et de pathologie démyélinisante. Sur le plan thérapeutique, un traitement par bolus de corticoïdes associés à des vasodilatateurs est débuté dans les 24 heures et l'adalimumab est arrêté. L'évolution ORL est partiellement favorable avec la persistance d'une hypoacousie séquellaire de l'ordre de 30 %.

Observation n°2
Femme de 55 ans atteinte d'une spondylarthropathie associée à une maladie inflammatoire chronique de l'intestin. Aucun antécédent ORL personnel ou familial. Devant l'échappement de la maladie sous méthotrexate (débuté en janvier 2008), un traitement par Etanercept est introduit en janvier 2010. Apparition à 6 mois de vertiges associés à des acouphènes et une hyperacousie.. Un mois plus tard survient une surdité brutale de l'oreille droite, sans facteur traumatique. Les examens acoumétriques montrent une surdité de perception unilatérale, sans autre anomalie ORL. Les bilans virologique et neurologique sont encore négatifs. En revanche il existe des anticorps anti-cardiolipine de type IgG (déjà présents dans le bilan pré-biothérapie), sans critère clinique rentrant dans le cadre d'un syndrome des anti-phospholipides. La patiente est traitée par des bolus de corticoïdes associés à des vasodilatateurs et l'etanercept est arrêté. L'efficacité est partielle avec persistance d'acouphènes et de sensation d'hyperacousie.

Discussion

L'interprétation diagnostique de ces deux cas est difficile. En effet il existe peu de documents sur l'ototoxicité potentielle des Anti-TNF et les patients atteints de spondylarthropathie ont plus fréquemment des hypoacousies en comparaison à des groupes témoins de même âge. Par ailleurs, les Anti-TNF et le methotrexate sont proposés dans le traitement des surdités d'origine auto-immune. L'évolution partiellement favorable à l'arrêt des Anti-TNF ainsi que l'absence de récidive à un an plaident en faveur d'une origine iatrogène (critères d'imputabilité extrinsèques).

Conclusion

Il semble exister une potentielle ototoxicité des Anti-TNF. Cependant, d'autres observations du même type que les deux cas sus-décrits sont nécessaires afin d'appuyer cette hypothèse.

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