Poster électronique

Me.062 - Syndrome de Parsonage Turner et hépatite E : une association fortuite ?
R Goulabchand (1); G Mouterde (1); C Lukas (1); P Carli (2); I Bertchansky (1); C Daien (1); JP Hellier (1); B Combe (1); - (1) Montpellier - France; (2) Toulon - France;
24ème Congrès
Poster
0
0 votes.
Vu 86 fois.
Résumé
Introduction

Le syndrome de Parsonage Turner (SPT) (ou névralgie amyotrophiante de l'épaule) est une maladie inflammatoire rare caractérisée par une douleur intense des épaules suivie d’un déficit sensitivo-moteur de la ceinture scapulaire pouvant perdurer plusieurs mois. Des causes héréditaires, traumatiques, toxiques et auto-immunes ont été décrites, mais de nombreux cas restent inexpliqués. Nous rapportons ici 5 cas de SPT associés à des infections au virus de l’hépatite E (VHE).

Résultats

Nos 5 cas avaient entre 28 et 57 ans, et concernaient 4 hommes et une femme, tous vivant dans le sud de la France : 3 gardois, 1 toulonnais, et 1 héraultais. La symptomatologie commença pour 3 d’entres eux par une première phase de douleur intense des épaules suivie d’une phase de déficit sensitivo-moteur des muscles parascapulaires, et c’est une cytolyse hépatique de découverte fortuite (de 2 à 10 fois la normale) qui amena au diagnostic d’hépatite E. L’un d’entre eux avait voyagé 6 mois auparavant en Afrique de l’ouest, et avait présenté une diarrhée aigüe suite à l’ingestion de fruits de mer 5 jours avant les symptômes de SPT. Il présenta une atteinte diaphragmatique se compliquant d'une grippe H1N1 3 mois plus tard, puis déclara une leucémie aigüe dans les suites. Un autre d'entre eux était amateur de charcuterie, connue comme un vecteur potentiel du VHE. Un 4ème cas présenta un tableau d’hépatite aigüe puis développa le SPT 10 jours après. Le 5ème cas présenta d’abord un tableau visuel étiqueté choriorétinite sur toxoplasmose avant de développer le tableau scapulaire 1 semaine plus tard. L’atteinte visuelle fut alors requalifiée de chorio-rétinite serpigineuse sur VHE. Dans tous les cas, le diagnostic de SPT était confirmé par électroneuromyographie, et le diagnostic d’infection au VHE était confirmé par le centre de référence (sérologies Adaltis EIAgen IgG et IgM anti-VHE).

Discussion

Le VHE est un virus à ARN de transmission oro-fécale responsable d’épidémies fréquentes en zone tropicale. Une incidence de 218 cas en 2008 contre 13 en 2002 a été observée en France avec une augmentation des cas autochtones, notamment en Languedoc-Roussillon. Quatre autres cas de SPT liés à une hépatite au VHE ont été décrits récemment dans la littérature : l’un concernait un cas indien, l’un concernait un thaïlandais revenant d’Inde, un autre concernait un anglais revenant d’Equateur, Kamar N et al [1] ayant rapporté le cas anglais le plus récent. Ce virus semble avoir un tropisme neurologique particulier puisque, outre le SPT, des atteintes du système nerveux périphérique (syndrome de Guillain-Barré) et central ont été rapportées ( [1] ; [2] ). Le développement d'une auto-immunité secondaire à l'hépatite E et spécifique aux antigènes des cellules nerveuses a été suggéré pour expliquer ce lien épidémiologique.

Conclusion

Cette association morbide suggère que l’hépatite E puisse être une nouvelle cause de SPT. Cette hépatite fréquemment infraclinique reste probablement sous diagnostiquée. L'augmentation des cas rapportés d’hépatite E devrait inciter à évoquer ce diagnostic lorsqu'un SPT s'accompagne d'une cytolyse hépatique (même modérée), les techniques de biologie moléculaire actuelles permettant de rendre les outils diagnostics plus sensibles et spécifiques (PCR sérum et selles).

remonter
45
Le poster a été trop consulté dans un laps de temps très court.
Fermer
Recherche
Par mot-clé : cliquez ici…
Congrès

Référence / Texte libre

Auteur

Réalisé par CYIM