Poster électronique

Lu.149 - Tolérance des AINS en application locale dans le traitement de la gonarthrose des sujets très âgés : revue de la littérature
B Verlhac (1); E Maheu (2); JL Le Quintrec (2); C Cadet (2); P Breville (2); JB Gauvain (3); Association Gériatrie et Rhumatologie (AGR / AGRHUM) - (1) Villejuif - France; (2) Paris - France; (3) Orléans - France;
25eme Congrès
Poster
4
1 votes.
Vu 36 fois.
Résumé
Introduction

Parmi les recommandations de la prise en charge de la gonarthrose, les applications d’anti inflammatoires (AINS) sur le genou sont jugées efficaces et sans danger pour l’EULAR en 2003 sans précision de l’âge des sujets. Elles sont fortement recommandées – préférables à la prise orale au-delà de 75 ans - par l’ACR en 2012. Nous avons donc entrepris une revue de la littérature sur la tolérance des AINS en applications locales chez les patients arthrosiques très âgés.

Patients et Méthodes

Nous avons utilisé le moteur de recherche Pubmed en associant 3 items osteoarthritis, NSAID et elderly, ce dernier terme étant décliné en old old, very old, oldest old, older adults, seniors….

Résultats

Une revue de la littérature a été réalisée en 2010 par Makris et coll (1) qui, après avoir retenu 19 articles sur 953, retrouve 39,3% d'effets secondaires (ES) locaux et 17, 5% d'ES systémiques dont 5 cas d’interaction avec les AVK, avec 1 seul saignement digestif. Malheureusement l’âge moyen des sujets n’est que de 60 à 67 ans. Dans cette revue, une seule étude signale une fréquence différente selon l'âge des effets cutanés locaux (5,6% avant 65 ans et 8,8% après). D’ailleurs dans la discussion les auteurs pointent le manque de données pour les groupes très âgés (bien qu’inclus). Une autre étude (2) rapporte un registre d’une région d’Ecosse (400.000 sujets) de 1989 à 1993 : 14363 patients de plus de 65 ans (22% de 37847) ont eu 41784 prescriptions d’AINS en topique : les ES gastro intestinaux sont plus fréquents après 65 ans (OR : 1,78 versus 1,43 avant) ; les autres ES locaux (réactions cutanées) ou systémiques (rénaux, bronchospasmes) ont une fréquence indépendante de l'âge.
Une lettre à l'éditeur récente (3) note que les réactions cutanées diffèrent selon le type de solution d’AINS, le diclofenac sodique dans du dimethyl sulfoxide entraînant jusqu’à 39, 3 % d’ES cutanés, versus 5% avec le même AINS en gel.
Le type d’AINS semble jouer aussi un rôle : ainsi le méthylsalicylate (4), qui interfère avec les AVK, a provoqué des ES chez 11 patients sous AVK (pourtant « jeunes » (39 à 65 ans), 6 ont eu une augmentation de l’INR (objectif thérapeutique de 2 à 3), 3 avec saignements périphériques, 2 ecchymoses, 1 saignement digestif.

Discussion

En dépit des limites et de l’hétérogénéité des études, les AINS en application locale semblent moins dangereux et parfois aussi efficaces que la prise orale. Il n'y a néanmoins aucune étude spécifique des sujets très âgés. Si le rationnel de l’utilisation locale (haute concentration ciblée pour une faible concentration plasmatique) est certainement intéressant, la peau plus fine du sujet très âgé pourrait entrainer une concentration globale plus élevée. En outre la fréquence d’utilisation des AVK chez les sujets âgés augmente le risque d’ ES vasculaires déjà noté dans une tranche d'âge moindre.

Conclusion

L’application cutanée des AINS n’a pas été spécifiquement étudiée chez le sujet très âgé. Néanmoins les ES semblent plus fréquent « au-delà de 65 ans » et la qualification « sans danger » des recommandations de l’EULAR est probablement à modérer, en particulier chez les patients sous AVK. Des études spécifiques sont souhaitables pour étayer les recommandations.

remonter
62
Le poster a été trop consulté dans un laps de temps très court.
Fermer
Recherche
Par mot-clé : cliquez ici…
Congrès

Référence / Texte libre

Auteur

Réalisé par CYIM