Poster électronique

Lu.16 - Sarcome épithelioïde mimant une monoarthrite de Lyme
T Ansemant (1); C Fortunet (1); E Contant (1); JF Maillefert (1); A Lambert (1); P Ornetti (1); - (1) Dijon - France;
25eme Congrès
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Résumé
Introduction

Des tumeurs osseuses adjacentes à une articulation peuvent entrainer des synovites par contigüité, qui peuvent être le seul symptôme révélateur. Compte tenu du risque d’erreur diagnostique, il ne faut pas hésiter à renouveler les explorations en cas d’évolution inhabituelle.

Observation

Une patiente âgée de 54 ans est adressée dans le service en janvier 2012 pour le bilan d’une monoarthrite chronique du genou droit, évoluant de manière intermittente depuis un an. Plusieurs ponctions articulaires avaient mis en évidence un liquide séro-hématique stérile. Une IRM du genou droit sans injection montrait initialement un volumineux épanchement associé à des discrets signes de gonarthrose. Devant une évolution défavorable sous anti inflammatoires, une synovectomie arthroscopique était réalisée 6 mois après le début de la symptomatologie, avec présence de remaniements synoviaux normaux, sans cellules anormales. En 2012, une nouvelle ponction du genou retrouvait un liquide inflammatoire, stérile sans microcristaux avec une CRP à 25 mg/l et une sérologie de Lyme positive. La patiente est mise sous antibiothérapie dans l’hypothèse d’une borréliose, sans aucune efficacité.
Devant la mauvaise évolution clinique, une nouvelle IRM du genou était réalisée montrant la persistance d’une synovite et un œdème osseux des condyles aspécifique. A la scintigraphie osseuse, une hyperfixation globale du genou évoquant des phénomènes algodystrophiques était retrouvée, mais avec un renforcement à la jonction du tiers moyen et du tiers inférieur du fémur droit, non visualisable dans le champ de l’IRM. L’échographie en regard de l’hyperfixation révélait la présence d’une masse hétérogène au niveau du fémur. Un complément d’imagerie par tomodensitométrie osseuse du fémur montrait une érosion corticale de la diaphyse au contact d’une masse infiltrante calcifiée des parties molles. Une biopsie chirurgicale de la masse a permis de mettre en évidence un sarcome épithélioide de grade 2.

Discussion

Les monoarthrites adjacentes aux tumeurs osseuses sont rares, et seulement 5 cas ont été décrits dans la littérature (1). L’anatomopathologie est en faveur d’une synovite non spécifique, sans atteinte néoplasique. Dans le cas présent, cette synovite satellite a révélé la présence d’un sarcome épithélioïde, non symptomatique. Ce sarcome rare des tissus mous se développe préférentiellement au niveau des tissus sous-cutanés, le long des aponévroses, fascias et tendons. Son pronostic est mauvais, étant donné qu’il existe un fort taux de récidive locale, régionale et métastatique. L’atteinte proximale des membres inférieurs ne concerne qu’environ 12% des cas. Les atteintes osseuses sont rares, avec un seul cas décrit d’atteinte articulaire (2). Aucune monoarthrite adjacente n’avait été décrite dans ce type histologique jusqu’à présent.

Conclusion

Les monoarthropathies récidivantes sont fréquemment rencontrées par les rhumatologues au cours de leur pratique courante. Même lorsque les examens d’imagerie sont initialement rassurant ou peu contributifs, il faut savoir les répéter pour ne pas passer à côté de diagnostics plus rares et parfois de mauvais pronostic. Ainsi, une tumeur à malignité locale peut se révéler par un tableau de monoarthrite satellite, ce qui nécessite d’élargir les investigations quand l’évolution est inhabituelle, avec échec des traitements symptomatiques.

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