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Me.129 - Prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques dans un pays pauvre : les enjeux sont ailleurs
DS Ralandison (1); M Andrianarison (1); H Rakotoharivelo (1); OM Razanaparany (1); OH Rakotonirainy (1); - (1) Antananarivo - Madagascar;
25eme Congrès
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Résumé
Introduction

Avec l’avènement de la biothérapie, la course à la recherche de nouvelles molécules et les stratégies de prise en charge des pathologies articulaires ont connu des avancées considérables. Le fossé entre les pays pauvres et riches se creuse dans les moyens diagnostiques et thérapeutiques. Nous exposons les réalités cette prise en charge dans un pays pauvre, en mettant en exergue les problèmes relevant des malades, du système de santé et de la mondialisation.

Patients et Méthodes

C’est une étude descriptive et analytique des dossiers de patients vus en consultation/hospitalisation dans l’unique service de Rhumatologie du pays, entre juillet 2008 et juillet 2011. Critères d’inclusion : patients présentant une oligo- ou polyarthralgie d’allure inflammatoire et évoluant depuis au moins 6 semaines. Paramètres évalués : données démographiques, aspects cliniques, nombre de patients ayant un diagnostic suivant les critères diagnostiques internationaux, proportion et devenir des arthrites indéterminées, traitements de fonds prescrits, proportion de patients perdus de vue.

Résultats

Nous avons retenus 121 patients avec une moyenne d’âge de 56,25 ans, sex ratio de 1/2. Trente-six pourcent étaient diagnostiqués comme atteints de polyarthrite rhumatoïde, 5,8% de lupus, 3,3% de spondylarthrite. Aucun diagnostic n’a pu être posé chez 26,5% des patients malgré que 56,25% d’entre eux aient pu réaliser les examens complémentaires de première intention recommandés devant une polyarthrite débutante.
Parmi ces patients atteints d’arthrites indéterminées, 3,12% travaillent dans le secteur primaire et 53% dans le tertiaire, 12,5% résident en dehors de la province où se trouve la capitale. Les symptômes ont évolué en moyenne 28 mois avant la consultation spécialisée. Plus de 60% des patients étaient perdus de vue durant la première année de suivi parmi lesquels 21% habitaient en dehors de la capitale. La prednisone était prescrite chez 31,25% des patients. Tous les patients PR et 3,25% des cas de rhumatismes inflammatoires indéterminées ont reçu du Méthotrexate et la chloroquine était prescrite respectivement chez 36,36% et 12,5%. Aucun patient n’avait reçu de biothérapie.

Discussion

Le premier enjeu dans la prise en charge des polyarthrites débutantes est le diagnostic car à eux seuls, le dosage par la technique ELISA de l’anticorps anti-nucléaire, du facteur rhumatoïde et de l’anticorps anti-CCP coûte 148 % du salaire minimal du pays. Si le diagnostic clinique est plus aisé à la phase d’état de la maladie, les possibilités thérapeutiques sont limitées par la disponibilité restreinte aux traitements conventionnels et aux immunosuppresseurs, et l’inaccessibilité de la population aux biothérapies qui sont pourtant disponibles. Le troisième enjeu réside dans l’observance thérapeutique où l’éducation thérapeutique est primordiale car les patients ont tendance à se tourner vers des solutions miracles avec des médicaments à action rapide.

Conclusion

Loin de la frénésie de la biothérapie, les priorités de la prise en charge d’une polyarthrite débutante dans un pays pauvre sont le diagnostic, l’amélioration de la disponibilité et accessibilité des traitements conventionnels, et un meilleur suivi au long cours des patients via le renforcement de l’éducation thérapeutique.

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