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Lu.103 - Le risque élevé de fracture au cours de la sarcoïdose est mal évalué par la mesure de densité minérale osseuse : implication du taux sérique de vitamine D
N Saidenberg-Kermanach (1); H Nunes (1); L Semerano (1); E Avice (1); D Sadoun (1); X Guillot (2); M Boubaya (1); N Naggara (1); D Valeyre (1); MC Boissier (1); - (1) Bobigny - France; (2) Besançon - France;
25eme Congrès
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Résumé
Introduction

La prévention des fractures ostéoporotiques est difficile chez les patients atteints de sarcoïdose (Sa), car les facteurs de risque sont mal connus et la supplémentation en vitamine D (25 (OH) D) ou la prescription de calcium sont souvent évitées du fait des risques d’hypercalcémie. Objectifs : Rechercher les facteurs responsables d’une diminution de la densité minérale osseuse (DMO) et favorisant les fractures de basse énergie et plus particulièrement rechercher un lien entre trouble du métabolisme vitaminocalcique et fragilité osseuse chez des patients suivis pour Sa.

Patients et Méthodes

142 patients consécutifs présentant une Sa histologiquement prouvée ont été inclus prospectivement à l’exclusion de patients présentant une autre maladie chronique ou traités par diurétiques. Les paramètres biologiques et cliniques de l'activité et de la sévérité de la Sa, le bilan vitaminocalcique, les facteurs de risques habituels d’ostéoporose et la mesure de la DMO (DXA, Lunar Prodigy) à la hanche et au rachis ont été relevés. La prévalence des fractures vertébrales lombaire et thoracique a été évaluée sur des radiographies standards par la méthode semi-quantitative de Genant.

Résultats

Quatre-vingts femmes (dont 51 ménopausées) et 62 hommes, (âge 51±11.9 ans), avec une durée moyenne de Sa de 9.5±7 ans ont été inclus. Vingt-huit patients n'avaient jamais reçu de corticoïdes (CS), 33 avaient reçu une supplémentation en 25 (OH) D dans les 6 mois précédant l'étude, et 46 avaient été traités par bisphosphonates. Des fractures de fragilité étaient observées chez 23.5 % des patients (dont 13.7% de fractures vertébrales). Le T-score était à <-1DS chez 40.1% des patients à au moins un site mais la DMO moyenne n'était pas basse (T-score lombaire moyen -0.44DS et -0.09DS à la hanche totale). Les patients supplémentés en 25 (OH) D avaient un taux sérique de 25 (OH) D plus élevé (p< 0.0001) mais sans différence significative de la calcémie. En analyse multivariée, une lymphopénie (lymphocytes>1000, OR : 0.31, 95%IC, 0.11-0.88, p = 0.03), un apport alimentaire faible en calcium (OR : 5.79, 95%IC, 1.82-18.42, p = 0.001), et la ménopause (OR : 3.32, 95%IC, 0.67-16.47, p = 0.07), étaient prédictifs d’une DMO basse. L’âge (OR : 1.09 95%IC, 1.0-1.18, p = 0.02), un stade avancé de dyspnée (NYHA 3 ou 4) (OR : 5.41 95%IC, 1.32-22.16, p = 0.02), et une dose cumulée élevée de CS (OR : 1.48, 95%IC, 1.06-2.05, p = 0.02), étaient prédictifs de fracture. Le taux sérique de 25 (OH) D était corrélé avec une DMO plus élevée uniquement lorsqu’il était compris entre 10 et 15.5ng/ml (DMO basse OR : 0.17, 95%0.04-0.83 p = 0.03). Des valeurs au-dessus de ce seuil ont été associées à un plus grand risque de fracture (OR : 4.71, 95%IC, 1.01-22.01, p = 0.05). Le taux bas de 25 (OH) D et non de 1.25 (OH) 2D, était significativement corrélé aux paramètres d'activité de la maladie (poussée de la maladie, sévérité de l’atteinte pulmonaire, ECA et VS élevées).

Conclusion

Les patients atteints de Sa ont un risque élevé de fracture mal évalué par la DMO. L’évaluation du risque fracturaire doit prendre en compte d’autres facteurs, notamment ceux reflétant la sévérité de la maladie. Par ailleurs, la supplémentation en calcium et vitamine D pourrait être bénéfique mais avec un taux sérique idéal de 25 (OH) D qui pourrait être moins élevé que dans une population normale.

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