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Lu.155 - Peut-on encore utiliser des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans le traitement de l'arthrose des membres inférieurs chez le sujet âgé (> 65 ans) ou très âgé (> 80 ans) ? Revue de la littérature
C Cadet (1); E Maheu (1); P Breville (1); JB Gauvain (2); JL Le Quintrec (1); B Verlhac (3); Association Gériatrie et Rhumatologie (AGRHUM) - (1) Paris - France; (2) Orléans - France; (3) Villejuif - France;
25eme Congrès
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Résumé
Introduction

Si les AINS sont des traitements symptomatiques efficaces de l'arthrose, leurs effets iatrogènes rendent leur utilisation problématique chez des sujets âgés aux capacités physiologiques altérées, souvent polypathologiques et polymédicamentés. Notre objectif a été de recenser dans la littérature les essais cliniques contrôlés étudiant les traitements par AINS dans l'arthrose chez des sujets > 65 ans ou > 80 ans et les directives des sociétés savantes dans ces conditions.

Matériels et Méthodes

Recherche sur Pubmed, mots clefs : Osteoarthritis, Aged, 80 and over, AINS avec recherche spécifique des essais thérapeutiques.

Résultats

Les essais ayant porté sur une population âgée et ayant comporté un bras placebo sont extrêmement rares : l'étude de Truitt [i] a comparé sur 6 semaines l'efficacité et la tolérance du rofécoxib, vs nabumétone vs placebo chez 341 patients ≥ 80 ans, normotendus, sans avoir noté d'augmentation tensionnelle ni d'ulcère gastro-duodénal. D'autres études, peu informatives et anciennes ont étudié le diclofénac ou le nimésulide... Certains essais ont comparé l'efficacité et la tolérance de deux AINS : l'étude Whelton [ii] de 6 semaines, a inclus 810 patients ≥ 65 ans, hypertendus traités, sous coxibs. 17% des patients sous rofécoxib et 11% sous célécoxib ont eu, pendant l'étude, une augmentation de tension artérielle systolique > 20 mm Hg. 9,5 % sous rofécoxib et 4,9% sous célécoxib ont développé un œdème. D'autres études ont comparé étodolac vs ténoxicam, nabumétone vs diclofénac ou vs naproxène... La population incluse dans les essais pivots des AINS est, par le biais des critères d'inclusion, en moyenne plus jeune que la population qui sera, dans la vraie vie, traitée par ces médicaments ; peu d'essais ont stratifié les résultats en fonction de l'âge même s'il ne fait aucun doute que la fréquence des problèmes digestifs, rénaux et cardiovasculaires augmente avec l'âge.
Dans ses recommandations 2012, l'American College of Rheumatology recommande fortement, pour la gonarthrose et pour la coxarthrose, l'usage des AINS en cas de réponse insuffisante à un traitement par paracétamol à pleine dose ; cette recommandation s'adresse à un adulte quel que soit son âge mais sans antécédents cardio-vasculaires, rénaux ou digestifs hauts. Il est précisé que, pour la gonarthrose, chez les personnes ≥ 75 ans, les AINS topiques seront préférés aux AINS per os.
Dans ses recommandations sur le traitement de la douleur chronique, l'American Geriatric Society, affirme que, bien que les AINS aient une efficacité à court terme supérieure à celle du paracétamol dans le soulagement de la douleur arthrosique, ils ne doivent être utilisés que rarement chez le sujet âgé, chez des patients sélectionnés, en échec d'autres traitements, en respectant les contre-indications, avec une protection gastrique en cas d'utilisation d'un AINS non sélectif ou d'un AINS sélectif associé à l'aspirine, sous contrôle régulier et en évitant l'ibuprofène en cas de prise d'aspirine.

Conclusion

Des recommandations existent sur l'utilisation des AINS dans le traitement de l'arthrose des sujets âgés. Elles en restreignent l'indication et sont plus fondées sur l'extrapolation des risques connus des AINS en population générale que sur les rares essais ayant été conduits chez des sujets de plus de 65 ans.

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