Poster électronique

Lu.43 - Pyomyosite à actinomyces
A Hermet (1); S Guignard (1); C Eymard (1); M Meyer (1); X Chevalier (1); - (1) Créteil - France;
25eme Congrès
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Résumé
Introduction

En rhumatologie, la spondylodiscite est la principale cause de lombalgies fébriles. D’autres étiologies, plus surprenantes, peuvent être retrouvées.

Cas Clinique

Un patient de 26 ans d’origine ivoirienne consultait pour lombalgies fébriles évoluant depuis deux semaines, associées à une toux. Il existait des lombalgies basses d’horaire inflammatoire, une tuméfaction paravertébrale lombaire droite, chaude et sensible, et un indice de Schöber à 10+4,5 cm. L’auscultation retrouvait des ronchi en base pulmonaire droite sans souffle cardiaque. L’enquête infectieuse révélait une dent en mauvais état depuis 2 ans, asymptomatique. Il n’y avait pas de contage tuberculeux. La CRP était à 108,6 mg/l et 11500 globules blancs. L’IRM lombaire dévoilait une masse inflammatoire de 9 sur 5 cm du muscle érecteur du rachis droit en regard de L5, contenant des zones liquidiennes, sans atteinte vertébrale. Le scanner thoraco-abdomino-pelvien montrait une condensation alvéolaire de la lingula. La ponction écho-guidée de la tuméfaction amenait 4 cc d’un liquide purulent. La culture poussait à bactéries gram + anaérobies de type actinomyces. Le diagnostic retenu était celui de pneumopathie et pyomyosite à actinomyces à porte d’entrée dentaire. L’évolution était rapidement favorable sous 6 g/j d’amoxicilline associés à de l’acide clavulanique 375 mg/j, initialement en intraveineux, puis per os, pour une durée totale de 4 semaines.

Discussion

Les actinomyces sont des bactéries gram + anaérobies saprophytes de la flore oropharyngée, responsables dans 55% des cas d’infections oropharyngées, mais aussi d’atteintes pulmonaires, abdominopelviennes, d’abcès ou d’ostéites. A notre connaissance, aucune pyomyosite à actinomyces n’a été rapportée. Les pyomyosites sont des infections des muscles squelettiques touchant préférentiellement les muscles larges, en particulier ceux des cuisses ou de la ceinture pelvienne. Ce sont des infections rares car le muscle est naturellement résistant aux agents infectieux. L’atteinte de l’iliopsoas représente 45% des cas, tandis que l’atteinte des muscles érecteurs du rachis, comme dans cette observation, en représente moins de 4 %. La pyomyosite survient en général chez des gens jeunes, de moins de 50 ans. Les lésions sont multiples dans 20 à 40 % des cas. Des complications de contiguïté ont été décrites : compressions radiculaires, épidurites ou compression d’organes rétropéritonéaux. Le staphylocoque doré est le germe le plus fréquemment rencontré, représentant entre 70 et 95% des cas. Cependant, d’autres germes ont aussi été décrits : streptocoque, E coli, salmonelle. Le diabète, la cirrhose, la mucoviscidose, la drépanocytose, les hémopathies malignes, le VIH sont un terrain favorisant, mais ne sont retrouvés que dans 30 % des cas. Le patient était d’ailleurs ici immunocompétent. Un traumatisme local, les injections IM, la prise de corticoïdes ou d’AINS peuvent être des éléments déclenchants. La pathologie est plus fréquente en pays tropical mais a aussi été décrite en zone tempérée. L’évolution sous traitement antibiotique associé ou non à un drainage est le plus souvent satisfaisante puisqu’il existe moins de 1,5% de décès.

Conclusion

Nous rapportons le premier cas de pyomyosite des muscles érecteurs du rachis à actinomycète.

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