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Me.23 - L’ustékinumab, une alternative dans le traitement des spondylarthrites ? À propos d’une observation
S Godet (1); Z Reguiai (1); P Brochot (1); I Lambrecht (1); L Kpodar (1); H Delaplace (1); JP Eschard (1); - (1) Reims - France;
25eme Congrès
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Résumé
Introduction

Alors que les possibilités thérapeutiques dans la polyarthrite rhumatoïde sont larges, le traitement de la spondylarthrite ankylosante se limite actuellement aux anti-TNF alpha. L’apparition d’effets secondaires, y compris paradoxaux, non rare sous cette thérapeutique, peuvent alors poser problème, chez ces patients bien souvent jeunes et actifs.

Cas Clinique

M. A., âgé de 24 ans, était traité depuis septembre 2011 par infliximab (INF) (5 mg/kg) pour une spondylarthrite ankylosante (SPA), ceci après échec des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Après la 3ème cure d’INF, est apparue une éruption psoriasiforme profuse et sévère nécessitant l’arrêt du traitement par INF et l’introduction d’un traitement par méthotrexate, suivi d’un traitement par ciclosporine devant la mauvaise tolérance hépatique de ce dernier. L’état cutané s’est progressivement amélioré avec cependant une persistance de lésions palmoplantaires, et des douleurs rhumatismales sont réapparues, principalement situées aux articulations sacro-iliaques et à la cage thoracique. Après discussion collégiale avec nos confrères dermatologues, un traitement par ustékinumab (USK) à la dose de 90 mg, deux injections à 4 semaines d’intervalle puis une injection toute les 12 semaines a été instauré, permettant une rémission de la SPA et une régression du psoriasis après 3 mois de recul.

Discussion

Devant l’importance de cet effet paradoxal cutané, le changement de catégorie de traitement en évitant les anti-TNF-alpha s’imposait. L’USK est un anticorps monoclonal entièrement humain dirigé contre une sous unité (p40) commune à l’IL-12 et à l’IL-23, dont l’efficacité dans le psoriasis cutané est connue. Plusieurs nouvelles données de phase 3 montrent également son efficacité rhumatologique dans le rhumatisme psoriasique. En revanche, il n’existe à l’heure actuelle aucune étude concernant l’utilisation de l’USK dans la SPA. Pourtant le récepteur de l’interleukine 23 (IL-23R) est un déterminant majeur de susceptibilité de la spondylarthrite ankylosante. En effet, l’IL-23R joue un rôle majeur dans l’inflammation cellulaire, en stimulant la fonction Th17, fortement impliquée dans les rhumatismes inflammatoires ; cette fonction permet notamment la production de plusieurs cytokines pro-inflammatoires, dont l’IL-17 qui agit sur différents types de cellules comme les fibroblastes, chondrocytes, ostéoclastes et macrophages, provoquant des lésions cartilagineuses ainsi que des érosions osseuses. Des études récentes ont ainsi mis en évidence des taux élevés d’IL-17 dans le sérum et le liquide synovial de patients atteints de SPA, de même qu’une augmentation du nombre de cellules Th17, permettant d’en faire de potentiels cibles thérapeutiques.

Conclusion

L’axe IL-12/23-IL-17 offre une perspective d’avenir logique dans le traitement de la spondylarthrite ankylosante compte tenu de la physiopathologie de ce rhumatisme comme le démontre notre observation. Des études sur de plus grand effectif devront être réalisées.

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