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Ma.92 - Devenir incertain des patients atteints de rachialgie symptomatique dans un pays aux ressources limitées
FN Ratrimoharilala (1); H Rakotoharivelo (1); OH Rakotonirainy (1); DS Ralandison (1); - (1) Antananarivo - Madagascar;
26ème Congrès
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Résumé
Introduction

La rachialgie symptomatique constitue 5 à 10 % des rachialgies et elle est parfois révélatrice de pathologies graves. L’accès limité aux moyens diagnostiques et thérapeutiques adéquats entrave le pronostic de ces patients. Nous évaluons le pronostic et le devenir de nos patients atteints de rachialgie symptomatique afin d’en tirer des perspectives pour une meilleure prise en charge.

Patients et Méthodes

C’est une étude descriptive, rétrospective allant de janvier 2008 à juillet 2013, réalisée dans l’unique service de Rhumatologie d’un pays africain. Nous avons identifié tous les dossiers des patients venus en consultation/hospitalisation pour rachialgie, et avons analysé ceux dont le diagnostic est une localisation vertébrale d’un cancer, d’une infection, d’un rhumatisme inflammatoire chronique ou d’une fracture vertébrale.

Résultats

Nous avons identifié 565 dossiers de patients atteints de rachialgie parmi lesquels 34 (6,01%) étaient diagnostiqués comme rachialgie symptomatique avec un sex ratio égal à 1 et une moyenne d’âge de 51 ans. Tous les patients présentaient au moins un signe du « drapeau rouge » (1), en premier lieu l’amaigrissement non-expliqué (56% des patients). Les symptômes évoluaient en moyenne 3,6 mois avant le diagnostic, avec des extrêmes variant de 1 à 12 mois. L’atteinte lombaire était la plus fréquente (80%). Comme diagnostic final, nous avons recensé 11 cas de métastases osseuses (32%), 6 cas de myélomes multiples (18%), 6 cas de fracture ostéoporotique (18%), 4 cas de spondylodiscite (12%), un cas de spondylarthrite. Des signes de focalisation neurologiques étaient retrouvés chez 5 patients (15%) et une hypercalcémie chez 4 patients (12%). Pour les causes tumorales, seuls 2 patients avaient un diagnostic étiologique précis. Sur l’ensemble des patients, deux bénéficiaient d’un traitement étiologique, 2 étaient décédés et 25 (73%) étaient perdus de vue au bout de 3 mois.

Discussion

Le traitement étiologique est à instaurer autant que possible dans les rachialgies symptomatiques, ce qui requiert un diagnostic précis. Pour les causes tumorales, le diagnostic anatomopathologique n’était connu que chez 2 de nos patients, la biopsie vertébrale étant une technique difficilement accessible dans nos pratiques car elle se fait par chirurgie à ciel ouvert. Pour le traitement, si le générique du pamidronate est le seul bisphosphonate disponible, la radiothérapie nécessite une évacuation sanitaire.
Le diagnostic bactériologique d’une spondylodiscite est également difficile car en plus de l’impossibilité d’un prélèvement guidé par la tomodensitométrie, l’accès aux examens bactériologiques fiables est limité. En effet, le pays dispose très peu de système d’assurance maladie et le coût de la prise en charge est exclusivement assuré par les patients. Ces contextes expliquent la forte prévalence des patients perdus de vue chez qui le pronostic vital reste réservé.

Conclusion

Le devenir des patients atteints de rachialgie symptomatique peut être amélioré par l’identification précoce des signes cliniques du « drapeau rouge », réduisant le délai diagnostique. Une réflexion sur la politique de santé axé sur le développement et l’accès aux moyens diagnostiques et thérapeutiques adéquats est également nécessaire.

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