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Me.74 - Le scorbut en rhumatologie : à propos de deux cas
F Banal (1); C Garcia (1); F Tabache (1); J Damiano (1); I Imbert (1); D Lechevalier (1); - (1) Saint Mandé - France;
20ème Congrès
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Résumé
Introduction

Le scorbut, ou carence en vitamine C, est une pathologie rarement rencontrée dans les pays industrialisés. Nous en rapportons deux observations.

Cas Clinique

Observation 1 - Une femme de 91 ans isolée socialement au septième étage d'un immeuble sans ascenseur, est hospitalisée pour prise en charge d'une ostéomalacie carentielle révélée par un syndrome poly algique. Cette patiente édentée développe au cours de son hospitalisation un purpura non infiltré liée à une carence en vitamine C. La supplémentation vitaminique permet la régression des symptômes en moins d'une semaine.
Observation 2 - Une patiente de 74 ans démente, alcoolique chronique est hospitalisée dans le service pour fracture de la branche ischio et ilio-pubienne gauche. L'examen clinique d'entrée révèle une gingivite hypertrophique. Le dosage sérique de vitamine C est effondré. Là encore, la supplémentation vitaminique permet la régression des symptômes en une semaine.

Discussion

Le scorbut, liée à une carence en acide ascorbique, est une maladie grave, parfois létale, de diagnostic facile, pour peu qu'il soit évoqué. Il touche plus fréquemment l'homme que la femme, contrairement à nos observations. On estime qu'en France, le risque de scorbut atteindrait 15 à 25% des personnes de plus de 65 ans. Il existe quatre signes cardinaux : parodontopathie, purpura, arthralgies et asthénie majeure. Seul l'homme, les primates et le cobaye sont incapables de synthétiser l'acide ascorbique du fait d'une mutation de la L-gluconolactone-oxydase. Son apport exogène est donc indispensable. Son pool total est de 1,5 à 3g. En situation de carence, il faut entre 1 et 3 mois pour voir apparaître les premiers symptômes. En pratique, cet apport est couvert par la consommation de cinq fruits et légumes par jour. Les facteurs de risque de scorbut sont : alcoolisme, tabagisme, personnes âgées, pathologies psychiatriques, régimes alimentaires restrictifs, pathologies intestinales, brûlure cutanée étendue, bas niveau socio-économique, diabète, hémodialyse et dialyse péritonéale, surcharge en fer. La vitamine C est un cofacteur d'un certain nombre d'enzymes impliquées dans la biosynthèse du collagène, de la carnitine et de neurotransmetteurs, expliquant donc les manifestations cliniques. Le scorbut se caractérise cliniquement par des signes cutanés associant purpura pétéchial centré sur des follicules pileux, hyperkératose péri-folliculaire, dystrophie pillaire dite en queue de cochon et des signes extra-cutanés : signes généraux comme une asthénie, une anorexie, un amaigrissement, des signes hémorragiques sans troubles de l'hémostase à type de purpura, ecchymoses, hématomes, des signes rhumatologiques à type d'arthralgies, myalgies, hémarthroses, des manifestations stomatologiques comme une gingivite hypertrophique, parodontolyse. On notera cependant l'absence de tels signes chez les patients édentés, comme dans notre observation 1. Dans les cas extrêmes, le tableau évolue vers celui d'une défaillance multiviscérale. Le diagnostic biologique sera retenu pour des taux sériques inférieurs à 2,5 mg/l. Le traitement curatif est simple, peu onéreux et repose sur la supplémentation orale ou intra-veineuse, à raison de 1 g/j d'acide ascorbique pendant 15 jours. L'efficacité est rapide et spectaculaire, en 5 à 8 jours, confirmant le diagnostic.

Conclusion

Le scorbut est une pathologie grave, rare mais toujours d'actualité dans nos pays industrialisés. Il faut systématiquement l'évoquer devant la présence d'un signe cardinal chez des patients à risque.

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