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Me.25 - L'expérience douloureuse et l'alexithymie dans la fibromyalgie
JF Asueta-Lorente (1); A Fohn (2); D Tordeurs (3); C Reynaert (3); M Léon (1); - (1) Mons - Belgique; (2) Louvain la Neuve - Belgique; (3) Yvoir - Belgique;
21ème Congrès
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Résumé
Introduction

La littérature fait état de plus de plaintes somatiques et d'alexithymie chez les patients somatoformes et douloureux chroniques, mais la question de l'influence de l'alexithymie sur l'intensité de la douleur n'est pas tranchée. En particulier, une alexithymie est fréquemment montrée chez les fibromyalgiques, lesquels ont souvent vécu des violences physiques. Les relations entre alexithymie, fibromyalgie et intensité de la douleur, et la présence d'un vécu traumatique dans l'histoire des fibromyalgiques seront investiguées.

Patients et Méthodes


75 femmes fibromyalgiques selon les critères de l'American College of Rheumatology et 75 femmes ne souffrant d'aucune affection grave ou invalidante ni de douleurs chroniques, ont fourni des données personnelles (vécu de violences physiques) et ont répondu à un questionnaire de mesure de l'alexithymie (TAS-20). De plus, les fibromyalgiques ont rempli une échelle analogique de bien-être et un rhumatologue a compté leurs points douloureux (mesures subjective et objective de la douleur).

Résultats

Les fibromyalgiques obtiennent un score plus élevé à la TAS-20 (T = 5.268, dl = 148, p< 0.001) et plus précisément éprouvent plus de difficultés à identifier leurs émotions (T = 6.774, dl = 148, p< 0.001) et à les exprimer à autrui (T = 3.302, dl = 148, p = 0.001), mais ne présentent pas une pensée plus opératoire que le groupe contrôle. L'évaluation subjective de l'intensité de la douleur et le nombre de tender points ne sont pas corrélés avec le score total d'alexithymie. Une différence significative entre les deux groupes quant à un vécu violent est mise en évidence, tant durant l'enfance qu'à l'âge adulte (respectivement χ² = 24, df = 1, p< 0.001 ; χ² = 11.911, df = 1, p< 0.001). Ainsi, les personnes fibromyalgiques présentent des caractéristiques alexithymiques mais nous ne pouvons affirmer que l'alexithymie influence l'intensité des douleurs et de plus, elles ont en général subi plus de comportements violents.

Discussion

La prévalence de l'alexithymie parmi les fibromyalgiques amène à discuter de la présence de l'alexithymie avant l'apparition de la fibromyalgie, renvoyant à la distinction entre alexithymie primaire et secondaire, la première étant vue comme un facteur prédisposant au développement d'affections somatiques et/ou psychiques, la seconde correspondant à une réponse adaptative de défense psychologique afin d'améliorer la santé et de faire face à la situation dans laquelle le sujet se trouve. Une approche longitudinale pourrait permettre de situer temporellement l'alexithymie en regard de la fibromyalgie.

Conclusion

Notre étude confirme la prévalence de l'alexithymie dans la fibromyalgie, sans mettre en avant une corrélation entre alexithymie et intensité de la douleur, et tout en montrant l'important vécu de violences physiques au sein de cette population. Une telle prévalence nous amène à poser la question de l'alexithymie en tant que facteur prédisposant ou consécutif à la fibromyalgie.

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